Ce qui se passe quand au Québec, la réponse courte
Au Québec, trois nuisibles suivent vraiment les saisons, les guêpes, les rongeurs et les fourmis charpentières. Les autres, punaises de lit et coquerelles en tête, vivent à l'intérieur toute l'année et se moquent complètement du calendrier. Voici la vue d'ensemble, puis le détail mois par mois.
| Période | Ce qui devient actif | Ce qu'il faut faire |
|---|---|---|
| Janvier à mars | Punaises de lit, coquerelles, rongeurs déjà entrés | Traiter sans attendre le printemps |
| Avril et mai | Fourmis, premières guêpes fondatrices | Régler l'humidité et le bois pourri |
| Juin | Fourmis charpentières visibles, puces avec les animaux qui sortent | Traiter tôt, avant que la colonie grossisse |
| Juillet | Déménagements du 1er juillet, propagation des punaises | Inspecter avant d'emménager |
| Août | Guêpes plus agressives, rongeurs qui cherchent un abri | Faire retirer les nids, commencer le scellement |
| Septembre | Guêpes au maximum, araignées et rongeurs qui entrent | Finir le scellement avant les gels |
| Octobre | Dernière fenêtre de scellement | Sceller, vider le garage et le cabanon |
| Novembre et décembre | Tout se passe à l'intérieur | Surveiller les signes, réagir vite |
Janvier à mars, tout se passe à l'intérieur
L'hiver ne règle rien. Il concentre. Les nuisibles qui étaient déjà dans le bâtiment se retrouvent au chaud, avec de la nourriture, sans concurrence, et ils se reproduisent tranquillement pendant que vous attendez le printemps.
La punaise de lit en est l'exemple parfait. Selon le gouvernement du Québec, elle mesure 4 à 7 mm, vit normalement 5 à 6 mois, survit plus d'un an sans se nourrir en état de dormance, et ses œufs éclosent 10 à 14 jours après la ponte. Elle se glisse dans une fente de l'épaisseur d'une carte de crédit. Rien là-dedans ne dépend de la saison.
C'est aussi la période où traiter est le plus confortable, le logement est occupé, chauffé, et la préparation se fait au calme. Selon l'INSPQ, un seul traitement ne suffit pas, la demi-vie des insecticides homologués est trop courte pour tuer les punaises issues des œufs. Il faut compter un deuxième passage 2 à 6 semaines plus tard et une visite de suivi 2 à 4 semaines après chaque application.
Ce qu'il faut faire, en clair. Ne remettez pas au printemps. Trois mois d'attente, c'est plusieurs générations d'avance données à l'insecte. Notre checklist de préparation avant traitement couvre le reste.
Avril à juin, l'humidité réveille les fourmis charpentières
Au dégel, l'eau s'infiltre. Un débord de toit qui coule, une margelle de fenêtre gorgée d'eau, une poutre de galerie restée mouillée tout l'hiver. C'est exactement ce que cherche la fourmi charpentière.
Selon l'Insectarium de Montréal, la colonie s'organise en un nid principal, toujours à proximité d'une source d'humidité, et parfois jusqu'à une dizaine de nids satellites. La cause la plus fréquente d'infestation dans une maison au Québec est justement la formation d'un nid satellite, sans reine. Les galeries sont creusées dans le bois amolli par l'humidité, et le signe visible est un petit amas de sciure qui revient au même endroit.
Ce qu'il faut faire au printemps, ce n'est pas d'abord tuer des fourmis, c'est trouver l'eau. Un bois sec n'intéresse personne. Le détail des signes est dans notre article sur les nids satellites de fourmis charpentières.
C'est aussi la période où les animaux ressortent et rapportent des puces, et où les premières guêpes fondatrices choisissent leur emplacement. Un nid pris en avril tient dans une main. Le même nid en septembre demande une intervention complète.
Juillet, le mois du déménagement, et le pire moment pour les punaises
Le 1er juillet québécois est un cas unique en Amérique du Nord. Des dizaines de milliers de logements changent de mains le même jour, avec des camions partagés, des meubles ramassés sur le trottoir et des boîtes qui passent d'un immeuble à l'autre. Pour la punaise de lit, c'est un réseau de transport gratuit.
Le gouvernement du Québec est explicite, les punaises se propagent notamment lors des déménagements, par les objets usagés achetés dans les marchés aux puces et les friperies, et par les meubles trouvés dans la rue. Ses recommandations pour un déménagement sont concrètes.
- Demandez à l'avance aux déménageurs quelles mesures ils prennent contre les punaises.
- Emballez vos affaires dans des sacs de plastique scellés et scotchez les boîtes de carton.
- Inspectez le camion avant de charger.
- En arrivant, inspectez les pièces du nouveau logement à la lampe de poche avant d'installer quoi que ce soit.
- Un meuble usagé s'inspecte avant l'achat, se transporte dans un sac fermé et se traite à la vapeur avant d'entrer.
La règle qui sauve le plus de gens tient en une phrase. Un matelas ramassé sur le trottoir en juillet coûte plus cher qu'un matelas neuf. À Montréal, un matelas mis au rebut doit d'ailleurs être recouvert d'une housse de plastique et éventré, précisément pour empêcher qu'il soit récupéré.
Août et septembre, les guêpes deviennent vraiment agressives
Ce n'est pas une impression. Selon l'Insectarium de Montréal, les populations de guêpes atteignent leur maximum à la fin de l'été et au début de l'automne, et les colonies se désorganisent complètement chaque année jusqu'à la mort des ouvrières avec les premiers gels. C'est à ce moment qu'elles délaissent la chasse aux insectes pour chercher des fruits mûrs et du sucre, d'où leur présence autour des assiettes et des canettes.
Santé Canada confirme qu'elles sont plus agressives à la fin de l'été et plus difficiles à contrôler, la guêpe germanique étant l'espèce la plus agressive. L'organisme recommande d'intervenir après la tombée de la nuit, quand les guêpes sont moins actives, et de faire appel à un professionnel pour le retrait du nid.
Notre guide sur les nids de guêpes détaille les cas où l'on peut attendre les gels et ceux où il faut agir tout de suite.
Août à octobre, les rongeurs cherchent leur abri d'hiver
Dès la fin de l'été et jusqu'aux premiers gels, les souris cherchent un endroit chaud et sec. Elles ne forcent rien, elles utilisent ce qui existe déjà, une fente sous une porte de garage, le pourtour d'un tuyau, une moustiquaire de soupirail déchirée, un joint de solage fissuré.
C'est la fenêtre de scellement, et elle se referme en octobre. Sceller une maison vide de rongeurs est un travail d'entretien. Sceller une maison qui en contient déjà revient à les enfermer dedans, et il faut alors traiter avant de fermer. La marche à suivre complète est dans notre article sur le blocage des accès avant octobre.
Sur le risque sanitaire, la mesure est importante. Selon le gouvernement du Québec, l'infection à hantavirus est rare, six cas rapportés depuis 2005, année du premier cas au Québec. Elle se transmet par l'inhalation de particules contaminées par l'urine, les excréments ou la salive de rongeurs infectés, en particulier lors du nettoyage d'espaces clos ou mal ventilés. La consigne officielle qui compte, c'est de ne jamais ramasser des excréments de rongeurs en balayant ni en passant l'aspirateur. Notre guide de nettoyage sécuritaire reprend la méthode.
Les nuisibles qui ignorent complètement le calendrier
Deux problèmes n'ont pas de saison au Québec, et ce sont ceux qui génèrent le plus d'appels. La punaise de lit et la coquerelle vivent à l'intérieur, au chaud, toute l'année.
Les chiffres de la Direction régionale de santé publique de Montréal, publiés en 2019 à partir de l'Enquête Habitation 2017, montrent où le problème se concentre. En 2017, 2,8 % des ménages de l'île de Montréal déclaraient une infestation de punaises, soit environ 24 000 ménages. La prévalence atteignait 4,0 % chez les locataires contre 0,7 % chez les propriétaires, près de six fois moins. Elle montait à 6,3 % dans les immeubles de 12 logements et plus, contre 1,9 % dans ceux de 5 logements et moins.
Autrement dit, plus l'immeuble est gros, plus le problème est fréquent, parce qu'une infestation circule d'un logement à l'autre. C'est pour cette raison que la Ville de Montréal demande qu'un exterminateur avisé d'une infestation inspecte tout l'immeuble, et non le seul logement qui a signalé le problème.
En logement locatif, qui fait quoi, quelle que soit la saison
La question revient toute l'année, alors autant la régler ici. Le Tribunal administratif du logement range explicitement les coquerelles, les punaises de lit, les fourmis, les rats et les souris parmi les situations d'insalubrité, et le locateur doit maintenir le logement en bon état d'habitabilité.
Côté locataire, la Ville de Montréal est claire, on ne traite pas soi-même et on avise immédiatement le propriétaire. Si rien ne bouge, on appelle le 311. Côté exterminateur, chaque intervention contre les punaises de lit doit être déclarée à la Ville dans les 5 jours, en vertu du règlement 03-096.
Le détail complet, avec les décisions réelles du Tribunal, est dans notre article sur qui paie l'exterminateur au Québec. Chaque situation est un cas d'espèce et ce qui précède n'est pas un avis juridique.
Le réflexe qui change tout, quelle que soit la date
Un nuisible pris tôt coûte moins cher, se traite plus vite et se règle souvent en une visite de plus. Pris tard, il devient une affaire de plusieurs passages, avec une préparation lourde et parfois un immeuble entier à traiter.
Concrètement, cela donne trois rendez-vous par an. Au printemps, un tour de la maison pour chercher l'eau et le bois pourri. À la fin de l'été, le scellement des accès. Et en hiver, on ne laisse rien traîner à l'intérieur sous prétexte que la saison est calme.
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Questions fréquentes
Quel est le pire mois pour les nuisibles au Québec ?
Il n'y a pas un pire mois unique. Août et septembre concentrent le plus de situations à la fois, guêpes au maximum selon l'Insectarium de Montréal et rongeurs qui cherchent un abri avant les gels. Juillet est le pire moment pour la propagation des punaises de lit à cause des déménagements du 1er juillet.
Les punaises de lit sont-elles saisonnières ?
Non. Elles vivent à l'intérieur toute l'année. Le gouvernement du Québec indique qu'une punaise vit normalement 5 à 6 mois et survit plus d'un an sans se nourrir en état de dormance. L'hiver ne les élimine pas, il les concentre au chaud avec vous.
Faut-il attendre l'hiver pour que les guêpes meurent ?
Parfois oui, parfois non. Selon l'Insectarium de Montréal, les colonies se désorganisent chaque année jusqu'à la mort des ouvrières avec les premiers gels. Mais un nid près d'une porte, dans un mur ou sur un lieu de passage doit être retiré tout de suite, surtout si quelqu'un est allergique.
Quand faut-il sceller sa maison contre les souris ?
Entre la fin août et octobre, avant les premiers gels. Après, le froid a déjà poussé les rongeurs à l'intérieur et sceller reviendrait à les enfermer. Dans ce cas il faut traiter d'abord, puis fermer les accès.
Pourquoi traiter en hiver plutôt qu'attendre le printemps ?
Parce que les nuisibles d'intérieur continuent de se reproduire au chaud. Selon l'INSPQ, les œufs de punaises éclosent en 10 à 14 jours et un seul traitement ne suffit pas. Trois mois d'attente représentent plusieurs générations d'avance données à l'insecte.
Un nid de guêpes se retire-t-il soi-même ?
Santé Canada recommande de faire appel à un professionnel pour le retrait du nid, et note que les guêpes sont plus agressives à la fin de l'été. L'intervention se fait après la tombée de la nuit, quand elles sont moins actives. C'est la situation typique des piqûres multiples.
Ce calendrier vaut-il pour un immeuble à logements ?
Les périodes sont les mêmes, mais la fréquence change. Selon la santé publique de Montréal, la prévalence des punaises atteignait 6,3 % dans les immeubles de 12 logements et plus en 2017, contre 1,9 % dans ceux de 5 logements et moins. Un immeuble se traite en entier, jamais logement par logement.
